A l'ere de l'abondance, nous mangeons avec plus de peur que de faim. Le plaisir culinaire est devenu suspect. Dans un monde obsede par la sante et la minceur, savourer est presque une faute morale.Cette analyse historique, psychologique et sociologique explore ce paradoxe alimentaire d'une societe qui parle sans cesse de nourriture mais qui ne sait plus gouter : culpabilite de la gourmandise, peur du gras, fantasme du corps parfait... Du repas ascetique des moines medievaux aux poudres proteinees contemporaines, de la table punitive aux regimes sans joie, elle retrace cette lente desertion du plaisir qui fait de nos repas des rituels d'autodiscipline ou l'eau regne en reine, ou l'on mache machinalement et ou la nourriture se fait medicament.Mais l'auteur montre aussi comment le plaisir, meme refoule, finit toujours par revenir, sous des formes inattendues et souvent excessives. Dans une ecriture claire et incisive, il interroge notre rapport contemporain a la table : le non-plaisir alimentaire est-il vraiment soutenable ? Et si, au fond, reapprendre a manger avec joie etait l'acte le plus subversif de notre epoque...