En 2010, Service correctionnel Canada ferme deux prisons delabrees pour hommes. De son cote, et pour reduire sa surpopulation carcerale, le gouvernement du Quebec loue l'une d'elles - l'etablissement Leclerc de Laval - et y transfere environ 250 prisonniers masculins. L'annee suivante, le gouvernement du Quebec ferme inopinement sa principale prison pour femmes et deplace ces dernieres a la prison Leclerc ou logent les hommes. Les conditions deshumanisantes qu'elles y endureront seront denoncees par des universitaires, des groupes de pression et des medias comme des violations des droits de la personne. L emprisonnement des femmes resiste au changement malgre les etudes et les enquetes gouvernementales ayant documente, depuis le XIXe siecle, la situation precaire et les besoins specifiques des femmes emprisonnees. Cet ouvrage propose une relecture critique de l histoire carcerale des femmes au Canada et soutient que les politiques et les pratiques correctionnelles a leur endroit sont dependantes au chemin parcouru et s inscrivent, de maniere perenne, dans une trajectoire dominante et verrouillee.