Exploration des differentes formes d'anthropophagie qui traversent et structurent les societes urbaines contemporaines, cet ouvrage revele comment un phenomene naguere ritualise et sacrificiel s'est transmue en une demesure autodestructrice .A partir du paradigme anthropophage et des rituels archaiques d'incorporation, il deploie une analyse des mecanismes par lesquels l'espace urbain devient le theatre d' une destruction esthetisee , dans une societe dite evoluee qui ne cesse de se devorer elle-meme - ainsi que l'autre desire - jusqu'a sa disparition.A l'interface entre horreur et merveille, la ville, desiree et desirante, oscille entre le non-lieu et l'hyper-urbain, entre sacre et profane, archaique et emergence d'une modernite hypertechnologique.Les metamorphoses observees revelent une part obscure des societes humaines, ou le cannibalisme culturel se manifeste comme un tournant esthetique , devoilant les strates affectives, symboliques et politiques qui sous-tendent la fabrique urbaine et son devenir, en resonance avec le recit Anthropocene.Vers un tournant esthetique ? Vers une ethique partagee de l'in-habiter ? Vers de nouvelles manieres d'habiter la terre ?De la fabrique du monstrueux a l'ouverture d'une barbarie positive , cette reflexion conduit a une possible rupture ontologique : et si transformer la barbarie destructrice en une esthetique de la fragilite et de la disparition constituait la condition d'un nouveau rapport au monde - ou bien le presage d'un effacement irreversible ?