On sait ce qu'est une nature morte, et on sait ce qu'est Le Ventre de Paris, l'une appartenant a la peinture, l'autre a la litterature - des mondes diametralement opposes. Or, en considerant les descriptions zoliennes des etalages bigarres des Halles centrales sur le fond de la peinture de natures mortes au 19e siecle, le present travail arrive a des conclusions bien differentes. Il montre, d'un cote, ce qu'un genre pictural devient sous la plume d'un ecrivain et, de l'autre, comment le roman zolien se presente d'un point de vue pictural. Plaidoyers radicaux pour la revalorisation d'un genre de peinture, portraits implicites des personnages du roman - les " natures mortes " du Ventre de Paris enrichissent toute lecture de Zola.