Ce volume de Classiques francophones analyse deux ecrivains quise revelent pendant la Seconde Guerre, dans Tropiques, publication totalement improbable devenue mythique. Creee par un groupe de jeunes intellectuels martiniquais dans une peripherie de l'empire francais, dans des conditions economiques precaires, sous censure militaire, la revue a trouve de facon surprenante des lecteurs : destinee d'abord aux lyceens de l'ile, isolee par un blocus maritime anglo-americain, elle est decouverte par des artistes et intellectuels de passage vers l'exil en Amerique. La revue a essaime alors, publiant des collaborations venues d'Haiti, de New York, du Mexique, du Venezuela, du Chili, meme de Beyrouth. Elle a dure quatre ans. Aucune autre revue litteraire publiee pendant la guerre, n'aura une trajectoire et une repercussion comparables.On y decrit cette periode du point de vue historique avant d'aborderdeux ecrivains, autour de la jeune trentaine, qui disparaitront bientot en tantque createurs : Suzanne Cesaire, nee en 1915, au lieu-dit Poterie aux Trois-Ilets et Rene Menil, ne en 1907, au Gros-Morne. Elle ne publie plus rien de son vivant, lui change radicalement de production apres 1945, entamant une carriere importante de maitre a penser. Au fond, ils constituent, a cote d'Aime Cesaire, la veritable epine dorsale de Tropiques dont on offre une lecture globale selon les axes paradigmatique et syntagmatique.