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Le roman de Violette
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Le roman de Violette

Franska
Quand je connus Violette, j'avais trente ans. J'habitais le quatri me tage d'une assez belle maison de la rue de Rivoli, au-dessus duquel taient chafaud es les chambres occup es par les domestiques et de jeunes ouvri res travaillant chez la marchande de lingerie dont le magasin existe encore au rez-de-chauss e, sous les colonnes. cette poque, ma vie tait li e celle d'une ma tresse fort belle et tr s aristocratique de fa ons. Elle poss dait une de ces peaux blanches que Th ophile Gautier c l bre dans ses maux et Cam es; une de ces chevelures qu'Eschyle tresse sur la t te d' lectre et compare aux pis de l'Argolide. Mais devenant trop grasse, avant l' ge, furieuse de son ob sit pr coce, ne sachant qui s'en prendre de cette pl thore, elle rendait tous ceux qui l'approchaient malheureux, par un caract re impossible. Il en r sultait que nos relations taient rares et que tout en pourvoyant ses caprices, je ne faisais rien pour rapprocher nos chambres situ es aux deux extr mit s de l'appartement. J'avais fait choix de la mienne cause de sa vue sur les Tuileries. J' tais d j atteint de la manie de tremper mes doigts dans l'encre, et pour un travailleur, rien de plus doux, de plus beau, de plus reposant, que la vue de cette sombre masse de verdure form e par les vieux arbres du jardin. (...) J' tais dans un de ces r ves qui n'ont ni horizon, ni limites, qui m lent le ciel la terre; je venais de tressaillir au timbre de l'horloge de l' glise voisine qui avait sonn deux heures, lorsqu'il me sembla entendre frapper ma porte. Je crus me tromper, j' coutai: le bruit redoubla. J'allai voir qui pouvait pareille heure songer me faire visite et j'ouvris. Une jeune fille, une enfant presque, se glissa par l'ouverture en me disant: Ah cachez-moi chez vous, monsieur, je vous en prie. Je mis mon doigt sur ma bouche pour lui indiquer d' tre silencieuse et je refermai ma porte le plus doucement que je pus; puis, je l'enveloppai de mon bras et suivant la ligne de lumi re qui s'allongeait jusqu' nous, je la conduisis dans ma chambre coucher. L , la lueur de mes deux bougies, je pus voir quel tait l'oiseau chapp de sa cage et que le hasard m'envoyait. Je ne m' tais pas tromp , c' tait une adorable enfant de quinze ans peine, mince et flexible comme un roseau, quoique d j form e. Sans chercher sa gorge, ma main s' tait pos e dessus et j'avais senti le globe vivant la repousser. Un frisson m'avait pass par les veines, rien qu' ce contact. Il y a des femmes qui ont re u de la nature ce don fascinateur d' veiller la sensualit d s qu'on les touche. Que j'ai eu peur murmura-t-elle. - Vraiment ? - Ah oui Et quel bonheur que vous n' tiez pas encore couch . - Et qui donc vous a fait cette grande peur ? - M. B ruchet. - Qu'est-ce que c'est que M. B ruchet ? - Le mari de la ling re chez laquelle je travaille en bas. - Et que vous a fait ce M. B ruchet ? Voyons, contez-moi cela. - Mais vous me garderez toute la nuit, n'est-ce pas ? - Je vous garderai tant que vous voudrez. Je n'ai pas l'habitude de mettre les jolies filles la porte. - Oh je ne suis encore qu'une petite fille et non une jolie fille... Le roman de Violette, extrait.
ISBN
9781507708170
Språk
Franska
Vikt
118 gram
Utgivningsdatum
2015-01-01
Sidor
114