En suivant le fil rouge qui a caract ris , au bas Moyen- ge, les principales interactions commerciales, religieuses et culturelles entre l'Europe et l'Afrique, on fournit une int ressante cl de lecture pour reconstruire les tapes des processus ayant conditionn les vicissitudes des deux contextes g ographiques, jusqu' une poque r cente. Ce sont notamment les contacts commerciaux bas s sur l'acquisition de l'or soudanais et sur le lien tabli entre les composantes sociales certains niveaux (par exemple, le recrutement de milices chr tiennes par les potentats islamiques), qui sont dict s par la volont d'obtenir des r sultats sur le plan conomique jug s comme fondamentaux pour le d veloppement des deux r alit s continentales. Mais, partir de la deuxi me d cennie du XVe si cle, les relations nou es de cette mani re subissent un changement crucial de direction politico- conomique en concomitance avec la conqu te portugaise de la ville marocaine de Ceuta. Par l'affirmation de l' tat lusitain le long du littoral atlantique africain, on assiste l'inauguration d'une nouvelle phase de la domination marchande, destin e s' tendre, apr s le doublement du cap de Bonne Esp rance, la c te orientale de l'Afrique. Une fracture profonde se produit ainsi entre les deux composantes, l'europ enne et l'africaine, ce qui va conduire - au XVIe si cle - l'ouverture d'un chapitre in dit de l'histoire internationale, se caract risant par des politiques d'agression et d'exploitation.